Le rôle d’un avocat de la défense

Que sait-on exactement du rôle d’un avocat de la défense? Hormis les clichés véhiculés par les émissions à la télévision, force est de constater que notre vision de la profession souffre d’une méconnaissance évidente. Pour preuve? La croyance populaire veut que l’on s’insurge lorsqu’un avocat accepte de défendre une personne accusée d’un méfait à priori condamnable. 

N’oublions pas que tout individu est présumé innocent tant qu’il n’est pas déclaré coupable. Contrairement au régime dictatorial dans lequel elle est plus que restreinte, la présomption d’innocence est à la base de notre démocratie, et prône l’importance de veiller au respect des droits de tout un chacun.

Et qui est le meilleur gardien de ce fonctionnement fondamental de notre société? L’avocat de la défense. 

Comment travaille un avocat de la défense?

Le rôle d’un avocat de la défense? Représenter et défendre toute personne qui est accusée d’un crime et poursuivie par la justice. Son objectif? Obtenir l’acquittement ou la peine la moins sévère possible en utilisant tous les moyens autorisés par la loi pour défendre son client. Il doit donc faire la démonstration de l’innocence de ce dernier, ou relever les facteurs atténuants et vices de procédures devant le tribunal. Dans l’exercice de sa fonction, il s’oppose ainsi à l’avocat de la Couronne.

L’avocat est l’allié de son client. Il s’évertue à faire respecter ses droits fondamentaux, que sont la présomption d’innocence, et une défense pleine et entière. Selon la Cour suprême du Canada, ces principes constituent les piliers de la justice criminelle.

Il doit identifier toute faille dans les preuves apportées par l’accusation. Si elles ont été recueillies en bafouant ces droits, l’avocat de la défense pourra dénoncer cet abus en toute légitimité. Dans sa stratégie de défense, il doit questionner chaque élément de la partie adverse, et évaluer s’ils sont suffisants pour établir hors de tout doute raisonnable la culpabilité.

On attend donc de l’avocat des compétences juridiques extrêmement fines, une organisation optimale et un sens aigu de la communication. Mais on attend aussi de lui des compétences humaines. Parmi elles, une écoute bienveillante, un respect et un soutien sans faille. C’est à ces seules conditions que l’accusé pourra se livrer en toute confiance à son avocat, et bénéficier de la meilleure défense possible. 

Pourquoi j’ai choisi d’être avocate criminaliste

En tant qu’avocate criminaliste, je défends l’État de droit. Je ne peux concevoir qu’un système puisse être soumis au chaos qui résulterait du non-respect des normes juridiques en vigueur. Lorsque j’ai commencé ma pratique, j’avais la conviction que face à la justice, nous pouvions tous et toutes espérer la même équité.

Or, l’actualité me rappelle tous les jours que des innocents peuvent être condamnés. Tous les accusés ne sont pas des «méchants». L’erreur est humaine, et nous pouvons tous à un moment ou à un autre, perdre pied et commettre une faute : vous, moi, nos parents, nos enfants, nos amis. Mais l’innocence existe, tout comme les facteurs atténuants. Si un délit a été perpétré, il doit être jugé en tout respect des droits individuels. Personne n’est complètement bon ou mauvais et ma mission, c’est de reconstruire la vérité.

Chaque être humain mérite que l’on comprenne dans quelles circonstances son méfait a été réalisé : voir au-delà des faits premiers pour se représenter l’acte dans son ensemble. On pense que je cherche à justifier un crime, alors que ce que je veux, c’est l’expliquer, pas le cautionner. 

Mon but n’est pas d’innocenter des personnes coupables, c’est de m’assurer qu’elles soient traitées comme tout être humain devrait l’être. Cette considération, même si elle est parfois difficile à accepter, nous permet de maintenir nos droits individuels… droits que – en comparaison d’autres pays – nous avons la chance d’avoir.

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